Mon voyage en Amazonie : Lettre ouverte à Pachamama

amazonia-presidente-figeirado-brasilJe n’ai jamais été une grande aventurière. Quand j’étais petite, j’avais peur des fourmis et des mouches. Encore aujourd’hui, la simple vue d’un lézard peut provoquer une crise de panique foudroyante. J’ai aussi un dégout parfaitement assumé pour le trekking, la randonnée, ou toute activité impliquant de faire des efforts dans la nature (ou faire des efforts tout court). Je ne comprendrai jamais comment des personnes pourtant saines d’esprit peuvent y être accro. Vous me direz : l’air pur, la beauté des paysages, blabla… mouais. Alors quand j’ai décidé de partir en Amazonie, même moi je n’ai pas compris pourquoi. Comme je le dis souvent sur ce blog, le No-Poo a éveillé ma green conscience. 27 ans pour se réveiller, il était temps ! Depuis quelques mois maintenant je m’intéresse à tout ce qui est remèdes naturels, plantes, et tous ces trucs qui sont bons pour nous et pour la planète. L’Amazonie c’est quand même un symbole pour l’écologie, c’était comme un rêve de gosse, ou non, plutôt une aventure, un défi. C’est pas vraiment un endroit, c’est un nom qui traine comme ça dans notre tête depuis toujours jusqu’au jour où on réalise que ça existe vraiment et qu’on peut même y aller. Et puis quitte à faire une promenade en forêt, autant y aller à fond. 

J’ai réservé 3 semaines pour visiter l’Amazonie. Ça m’a permis de voir plusieurs endroits toujours du côté brésilien. J’avais quand même pas mal d’appréhension. Jusqu’ici j’avais déjà voyagé en sac à dos, au Brésil, en Patagonie, en Inde, mais la forêt amazonienne c’est encore un niveau d’aventure au dessus ! J’avais ces clichés en tête : les peuples indigènes, les forêts verdoyantes, le côté mystique, une faune et une flore aussi belles que dangereuses, tout ça d’un point de vue grosse flipette qui a peur de tout, rappelons-le. En gros j’imaginais ça :

Du coup oui, j’étais pas spécialement rassurée en arrivant là-bas, surtout en étant seule. Mais les craintes sont faites pour être affrontées non ? Alors j’ai foncé sans trop réfléchir, et sans essayer de savoir ce que j’allai voir ou non.

Première étape : Belém. C’est là que j’ai découvert le climat tropical qui demande un conditionnement particulier. Il fait en moyenne 30°C de jour comme de nuit et le taux d’humidité tourne autour de 90%. Oui voilà, l’Amazonie est un hammam géant. Ça pose pas vraiment de problème si on aime se doucher 15 fois par jour. Belém est une grande ville, alors je n’ai pas découvert grand chose excepté sa culture culinaire et son marché de remèdes naturels que j’ai squatté pendant 2 jours. Mais c’était une bonne transition histoire de ne pas se lancer tout de suite dans la jungle.

bateau-amazonieDeuxième étape : 4 jours de voyage en bateau direction Santarem. Pour se déplacer en Amazonie, il y a deux solutions : l’avion, ou le bateau. Aucune route ne relie les villes. J’ai choisi la deuxième option, trop envie de faire cette expérience ! Sauf que ces voyages n’ont rien à voir avec « La Croisière s’amuse« , ici tout le monde dort ensemble sur le pont en installant son propre hamac. Après avoir suivi quelques conseils, j’ai voulu m’installer ni près des toilettes, ni près du moteur, en essayant de repérer des gens sympas. Mais ça c’est plus difficile à voir au premier coup d’oeil. Alors je me suis surtout posée là où il restait de la place. Ces quatre jours on été incroyables. Longer l’Amazone est une expérience qu’on ne peut expliquer. La forêt nous entoure, les animaux font peu à peu leur apparition, on croise des baraques bricolées sur le rivage, les enfants jouent au bord de l’eau, des pirogues nous suivent pour nous vendre des fruits… C’est un autre décor. J’ai passé des heures à observer l’horizon, m’imprégner de cette énergie nouvelle, fixer le fleuve pour essayer de voir des poissons ou d’autres animaux, admirer le lever du soleil, tout ça pendant 4 jours.

pt98118Troisième étape : Alter do Chao. Une fois arrivée en bateau à Santarem, je suis directement allée dans cette petite ville bien connue du coin. Moi qui voulais de la nature j’ai été servie ! Cet endroit est un petit bout de paradis avec des îles qui apparaissent et disparaissent au fil des saisons, des plages de sable blanc, des forêts, des montagnes, et toute une communauté de hippies. Un cadre de rêve non ? Sauf que dès le premier jour la pluie a commencé à tomber et ne s’est jamais arrêtée. D’habitude j’adore dormir en écoutant l’orage, mais là, il tapait tellement fort que j’avais l’impression que des bombes explosaient partout autour de moi. La foudre est même tombée juste derrière mon hôtel en faisant tout sauter. Pas terrible de sortir dans ces conditions. C’est comme si les éléments étaient plus puissants ici, tout était plus fort, plus intense, plus impressionnant.

Quatrième étape : Manaus. En avion cette fois, histoire de tester les deux moyens de transport (et un peu parce que j’avais la flemme de me refaire 4 jours de bateau). Mais le spectacle était tout aussi époustouflant ! Survoler la forêt amazonienne, ça a quand même de la gueule. Imaginez une mer de vert, un océan de verdure qui se déploie à l’infinie. C’est d’une puissance incroyable ! Et puis je me suis souvenue de cette vidéo, celle où on peut voir la forêt disparaître et changer à vue d’oeil. Je me suis dit que si on continuait à agir comme on le fait, cette vue n’existerait peut-être plus dans quelques années. Tu parles d’une claque. Je parle de la vue, mais bien sûr c’est plus que ça. Je parle de toute cette vie qui existe à travers cette forêt, cette force qu’on tue à petit feu.

Manaus est une ville qui ressemble assez à Belém. Rien de très foufou : des immeubles, des routes, des centres commerciaux, de nuit on se croirait même au milieu de New-York. C’est surprenant quand on sait qu’on se trouve au milieu de l’Amazonie. Mais dès qu’on met un pied en dehors de la ville, on retrouve tout de suite la forêt qui respire de plus en plus fort.

Dernière étape : Presidente Figueiredo, pour finir en beauté. On part à 2h de Manaus pour arriver dans une petite ville entourée de cascades, au milieu de la forêt. Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les bruits. Pachamama nous parle littéralement. Insectes, animaux, vent, rivière, tous ces bruits forment une symphonie qui nous bercent. Et elle peut aussi nous faire peur. Parce que même si on la trouve jolie depuis notre auberge, installée dans notre hamac, c’est autre chose pendant une balade en forêt. Tous les bruits étrangers deviennent inquiétants et on sursaute au moindre craquement de branche. J’avais peur de voir apparaitre un serpent, être avalée par un poisson mangeur d’hommes, ou séquestrée par une armée de lémuriens. Bon, les dernières possibilités étaient moins probables mais n’empêche, on sait jamais !

Finalement, rien de tout ça n’est arrivé. Mais je suis repartie avec les souvenirs d’une expérience surprenante, une expérience qui a renforcé ma conviction qu’il fallait protéger et se battre pour cette Terre. Depuis, je me suis encore plus lancée dans la consommation responsable. J’essaie de plus en parler autour de moi, convertir mon entourage (même si j’avoue, ma petite soeur est carrément saoulée haha), et petit à petit je fais mon apprentissage en changeant mon quotidien. Ma vie a clairement pris un nouveau tournant grâce à cette rencontre. Merci Pachamama !

Et vous, ça vous dirait un tour en Amazonie ou un autre voyage pour éveiller votre green conscience ?

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